jeudi 28 mars 2013
Début mars quand il a été possible de jardiner sans pull
Au tout début du mois, le soleil était juste là coïncidant avec mon passage,
un délicieux séjour de quelques menues journées.
Histoire de nettoyer le jardin pas revu depuis si longtemps.
C'est toujours absolument époustouflant de voir comment la nature gagne du terrain.
En fait à l'automne je n'avais pas pu revenir ; c'était la première année que je laissais ma colline vivre sa vie sans mes interventions jardinières.Non qu'elles soient spectaculaires mais voilà, ne rien faire pendant 6 mois, hiver compris, ça se voit.
Non, non, il s'en passe des choses à la saison morte.
Le résultat a été de visiter toutes les vivaces et de constater que si je ne touchais rien une forêt de petits chênes pousserait sans rien demander à personne.
Je me suis donc penchée et j'ai extrait des centaines de bébés arbres qui étaient tombés partout.
Une occupation simple:
dans les escaliers de pierre la terre et les feuilles mortes accumulées fournissaient un excellent lit pour la croissance imprévue de dizaines de chênes.Je m'asseyais et enlevais tout ça sans état d'âme.
J'ai dégagé les iris, les pieds de pivoines, les pieds de roses trémières, raccourci un chèvre feuille et désherbé les endroits stratégiques.
Le reste est à l'état sauvage.
C'est parfait.
Les tulipes pointaient leur nez.
Des plantes genre succulentes (je ne connais pas leur nom) étalaient leur vert jaune scintillant.
Je crois que mon ambition est de faire un paysage sauvage entretenu.
lundi 8 octobre 2012
Récolte
Entre deux pruniers sauvages, début juillet j'accroche une corde pour y sécher la lessive estivale.
A côté une grande bassine en zinc et un tuyau où l'eau court et se chauffe graduellement pour des douches au soleil.
Fin août dans "l'aire de la salle de bain " viennent rouler des prunes violettes.
Elles rejoignent la petite dizaine déjà ramassées le matin ou la veille, dans un saladier.
Crues ces prunes n'ont rien de remarquables.
Mangeables, sans plus.
Cuites, sous formes de tartes, de clafoutis ou de confitures,
une transformation délicieuse s'opère:
elles prennent une couleur très foncées, et surtout elles sont très goûteuses, un pur régal de fruit bien sauvage.
A l'heure où les rayons du soleil empêchent toute sortie dehors, au calme dans la relative fraicheur de la cabane, le jus bien sucré coulant jusqu'au coude, j'enlève les noyaux.
Le petit tas de noyaux augmente, celui des prunes ouvertes aussi.
Celui des prunes pleines, encore blanchâtre de leur pruine qui les enveloppent comme d'une pellicule de l'ordre du papier de soie, diminue.
A ce moment là j'écoute la radio, les mots flottent sur les noyaux.
Dans ce lieu les phrases se répercutent différemment et s'infiltrent de manière plus tranquille, comme si le silence autour me rendait plus attentive.
En regardant la lumière qui jouait avec l'eau dans le
saladier, écouter l'émission "ça peut pas faire de mal"*.
Ce genre d'expérience est si fugace.
Plein de petits rejets de pruniers au pied du tronc, et je me demande si je peux les déraciner et comment, et en mettre ailleurs, tiens....
*Guillaume Gallienne lisant des extraits de "Thérapie"de David Lodge.
http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-ete-2012-therapie-de-david-lodge
mardi 5 juin 2012
En arrivant le 26 mai
La route avait été contrariée.
L'après-midi bien entamé et le soleil était fort.
Dans la colline, enfin au jardin la lumière était belle.
Deux heures plus tôt la surprise des pivoines en fleurs aurait été moins forte.
Alors la panne de voiture est passée bien loin derrière.
L'important a été d'être éblouie en arrivant...
Je me suis assise devant les deux fleurs de pivoines dans les herbes hautes.
A ce moment là, c'était vraiment parfait.
Voilà, c'est tout.
vendredi 11 mai 2012
Plaisirs simples
Fin avril début mai: des congés (ah, chic, chic, chic, ça veut dire, du vert, du silence et le zardin toujours au rendez-vous.)
Toujours le même rituel, courir dans tous les sens, observer, s'extasier des petites pousses, se demander pourquoi telle plante fait si mauvaise mine, s'impatienter et au fil de la semaine, se dire:
" Aaah quel endroit magique."
Même si.
(On m'en a fait la remarque, très gentiment : "Tu sais Gwen, je ne voudrais pas te vexer, mais ton jardin n'est pas très esthétique.")
Ben oui.
Mais il me porte bien loin, et tant pis si mes plaisirs sont disproportionnés par rapport au résultat.
J'en suis là.
A presque plus oser parler de jardin, -du zardin-, tellement je sais bien qu'on s'attend à mieux, à plus éclatant, plus spectaculaire.
Bref, joie intérieure et juste quelques traces photos de ce printemps.
(Minimale les photos, je le reconnais!)
Rien de fou: iris, tulipes noires, et les petits boutons du seringat encore si serrés, quelques promesses de pivoines, les rosiers qui s'étalent un peu.
Un petit thym citron mis en terre. Deux agapanthes survivantes.
Des boutures de l'hortensia Anabelle qui semblent prendre.
Oh yes.
Les ratés, les morts grillés par le froid:
le rosier "Blush noisette", les essais de lauriers roses, la honte: la lavande, euh et pourquoi les verveines de Buenos Aires ne sont plus là?? Pffff ça pousse sur des ronds points pollués de Marseille et pas au zardin.
Et l'acanthe si splendide l'an dernier, hein, qu'est ce qu'elle fout?
Deux minuscules feuilles à peine qui osent sortir de terre. L'invasion n'est pas pour cette année.
Les grenadiers?
Oh, JP, un seul fait encore des toutes toutes petites pousses.
Sur trois, reste un.
Ouf.
Bouh.
J'ai néanmoins grand espoir, il a survécu, il va tenir!
A part ça, je sais que mon jardin se façonne lentement, très lentement, il mature à son rythme.
J'aime toujours infiniment le regarder, je le modifie de manière modeste et têtue à chaque visite, toujours trop courte à mon goût, un sentiment de frustration et de joie irraisonnée qui se mêlent.
mercredi 11 avril 2012
Golondrina
Je suis une fille qui tombe en arrêt devant les emballages.
Golondrina, jolie hirondelle qui ne fait pas le printemps,
Golondrina, tu as tout pour atterrir dans mes mains.
Le printemps celui de la colline est proche.
lundi 21 novembre 2011
Acanthe première, enfin les agapanthes
Le dernier billet printanier est loin.
Tiens, nous voilà au seuil de l'hiver.
La zardinière vit encore.
Si, si.
La colline reste son lieu de prédilection pour jouer à attendre.
Bref, en 2011 j'ai été très bien surtout au jardin.
C'est inouï cette permanence du bonheur, juste là.
Deux ou trois choses importantes à mes yeux:
-la floraison de l'acanthe, un pur régal.

-la floraison des agapanthes, quelle bonne idée au jardin blanc.
Vu cet été.
Ailleurs, -dans la grosse ville-
il s'agit plutôt de figuration, tout semble avoir un goût de déjà vu, déjà entendu. Un immense "à quoi bon" qui flotte en permanence.
Alors quand tout va à l'envers,
je ferme les yeux,
je rouvre les paupières sur tout ce qui est accumulé dans l'appareil photo
et pas montré -oh quel dommage!-,
et cela me transporte.
jeudi 9 juin 2011
Acanthus Mollis

Suite des découvertes de ce printemps:
L'acanthe se prépare à donner sa première hampe florale.
Aaaah...
Comme pour les pavots d'orients, décrits hier, il lui aura fallu un certain délai.
Son pied faisait de larges feuilles, à côté de l'armoise , jamais rien d'autre.Je suis passée à côté, comme d'habitude n'en faisant plus cas
et là, et là:
"Tiens il y a quelque chose de changé".
Ooooh!!
S'en est suivi quelques petits bonds de contentement.
Après il paraît que c'est la cata, les graines se projetant à la ronde de manière explosive.
Que les acanthes on peste pour s'en défaire.
Comme celle-ci a mis 5 ans pour se décider, on verra au printemps prochain s'il faut craindre une progression intempestive.
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