mercredi 14 mai 2008

5 jours de mai

Un maxi pont ça fait des heures au zardin:
trop beau!
Tout était bien vert,
et maxi chance : sous un doux soleil.
J'ai couru un peu dans tous les sens.
Et paf direct, -ce que j'attends depuis deux ans-, ma rétine impressionnée envoie l'alerte, ça y est, ouiiiiii, dressant deux boutons floraux bien sphériques, deux promesse encore non déployées des premières pivoines.


J'improvise la danse de la paeonia. (Se mettre à quatre pattes, se relever, tourner trois fois autour et recommencer. Remercier la terre, le soleil, la pluie.)
Je l'observe de plus près, me demandant si elle s'épanouira en rose ou rouge?
Et là, horreur: une cinquantaine de fourmis escaladeuses s'affairent sur ces deux petits ronds.
Que projettent-elles? Je souffle et ça les éparpille, puis elles remontent inlassablement.
Ouh, ces randonneuses obstinées, j'aime moyen.
Bon ça n'entame pas ma joie.
Quoique.
Car voilà ma prédiction de ne pas être au rendez-vous pour la première éclosion de pivoines qui se confirme. Au bout de cinq jours, les belles étant toujours soigneusement refermées,
pffffff et ben, "ça va être ballot": les fourmis seules profiteront donc du spectacle cette année.
Il me faudrait un autre maxi pont d'ici huit jours.
Hum.

Dans les bonnes surprises:
-l'acanthe qui déborde de sa protection de pierre,


-le figuier - avait eu une branche cassée l'été dernier par un pied trébuchant et avait été rescotchée-
a sorti ses grosses feuilles.

Certes, encore un peu bébé
pour imaginer des siestes estivales sous son ombrage.

-le rosier Baron Girod de l'Ain qui s'installe aux côtés de lychnis et euphorbes sauvages, avec une bouture d'armoise réussie.

-la petite touffe de thym rosie de fleurs, miam.

Derrière le thym,
cette plante géante aux feuilles grises velues m'interroge.
Je l'ai laissé.

-les huit autres pivoines en descendant l'escalier: toutes ont l'air de pousser, le feuillage se développe largement même si elles n'en sont pas encore au stade de donner des boutons.

-quelques semis de cosmos ont levé dans le futur coin blanc, pas tous.


Après ces heureuses découvertes il a fallu nettoyer et arracher des hautes herbes qui transformaient le tout en jungle.
Mais pas tout, attention aux lychnis qui vont éclater cet été et ponctuer ce vert de tâches pourpres...

Lychnis et hautes herbes

Les zones éclaircies en avril sont restées relativement propres.
A chaque séjour tout n'est donc pas à recommencer.
Il s'agit simplement de continuer.

Dans les surprises "moyennes" et franchement pas bonnes :
(gros soupir...)
autant le dire tout de suite, le crumble aux pêches est compromis.
Et d'autres choses encore sont au mieux bizarres ou pire.
Disparition brutale d'un ail pourpre.Près d'un rosier stagnant complètement.
Tragédie d'un "Blush noisette", point mort de certains pieds de vivaces pourtant réputés "traçants", pas un seul lupin -semis en avril- n'a pointé son nez, ni les gauras blancs.
Hum, j'arrête là.
Mais y en a d'autres.
(re gros soupir...)
Vous raconterai plus tard.


Un autre maxi pont serait franchement bienvenu pour élucider certains mystères
et ne point rater, c'est trop ballot, la première floraison de pivoines.


mercredi 30 avril 2008

Petit chemin, petit lupin

Chemin de lauzes longeant futures surprises blanches:
Lupin "La Demoiselle", Gaura, Gypsophille et Cosmos
16 avril 2008

Le projet du futur carré blanc est en construction.

Juste le dernier après-midi, -tout avait été planté-, j'ai joué à porter des cailloux, à faire des marches pour un petit chemin traversant le coin blanc.

Gypsophile et Lupin, graines de Gaura et de Cosmos d'un côté, de l'autre un Seringat, un autre petit semis de Cosmos (pourvu qu'ils poussent...)

Au bout, le plant d'un Oranger du Mexique encore accompagné d'un semis de cosmos.
Autant dans mon appartement il assurait, autant in situ l'ai trouvé microscopique et pas du tout vaillant.
Un grand piquet de bois pour marquer sa place, euh, des fois qu'un distrait ne le voit pas...
Aussi, instinctivement je m'adonne à un drôle de rituel:
un petit cercle de cailloux
autour de chaque plantation.

Oranger du Mexique,
(30 cm de haut maxi),

piquet et semis de cosmos blanc.

Une "protection" toute symbolique...?
Un geste que j'accomplis, en tout cas, à chaque fois comme pour "finaliser" la chose!
Pour me souvenir aussi de l'endroit de plantation au cas où un campagnol, un lapin, une escorte de limaces ou de chenilles effrénées, que sais-je, viendraient à boulotter toute cette jeune verdure?
Jouer à poser des pierres, petites, moyennes, plates, avec paillettes, blanches, grises bleues....
Y en a qui mettent de l'engrais, moi j'entoure de cailloux.
Ainsi je suis sûre de retrouver l'Acanthe, la Rose trémière et le Rosier Lutéa de Banks, à divers endroits -pas dans le coin blanc-:

Acanthe

Rose trémière

Rosier de Banks Lutéa,
encore accompagné de cailloux.

Celui- là, il doit grimper
et fleurir en pompons jaune très doux,
un jour! Aaah, pas dans dix ans j'espère...


Comme il reste des cerclages de barriques j'alterne aussi protection de pierre, protection de fer...

Le Seringat "White Rock" a donc un pied plutôt bien désherbé, le cerclage me rappelant une sorte de zone arbitraire à soigner.
Depuis sa plantation en 2006, il a doublé en volume et triplé en hauteur.
De fleurs blanches parfumées pas encore, patience, patience, le maître mot du zardinier.
Tout ça est donc en devenir, modeste et moyennement photogénique.


Le seringat "White Rock", cerclé -à gauche-
A droite, à côté du seau noir, quatre petits pas plus loin,
un autre, d'une autre variété, je ne sais plus le nom.
(arrivé de Marseille où il végétait et mis là avec petits cailloux autour bien sûr)
Tout au fond , le piquet pour signaler la présence de l'Oranger du Mexique.



lundi 28 avril 2008

Rouge et noir ou Zeva et Neva

Quatres trous plus ou moins alignés pour y mettre deux sortes de rêves fruités.
Des rouges et des noirs.
Neva, deux fois
Zeva, deux fois.

Rouge :

A coté des framboisiers "September", mutiques jusqu'à présent, mais patience, s'ils se décident cette saison, un lupin gentilhomme sera leur ange gardien.
Suivant les conseils lus -dans un livre de J.P Coffe- assurant que cela écarte les vers des framboises, pour une fois ultra prévoyante, bien avant la poussée des dits framboisiers, je me préoccupe déjà de sauver leurs futurs fruits.

Lupin gentilhomme prêt à combattre le ver de la framboise

Sur les 5 "September"plantés en 2006, deux manifestent une reprise, c'est à dire, quelques centimètres de feuilles sur une mini tige au pied d'un vieux bois sec.
Bilan, presque la moitié est en vie..!
Mais pourquoi les trois autres ont l'air morts???
Ne pas réussir des framboisiers, voilà qui interroge tout de même et qui remet en cause le cliché de l'envahisseur.
Préférant être surprise par des tiges rebelles que par le désert d'une rangée trop diététique, il me fallait faire quelque chose: alors z'y va, hop deux ZEVA, deux trous, de l'eau et des prières secrètes spécial gourmand.

La variété "Zeva" saura-t-elle s'installer dans ce coin?

Noir:

En attendant récoltes et desserts merveilleux, je me lance aussi dans les cassissiers, variété, "Neva", apparemment plein de vigueur,
leurs jeunes feuilles sentant déjà très fort, hum, j'adore!


deux "Neva"
la confiture de cassis maison
c'est mon rêve

Pour les cassissiers, il est également conseillé de mettre des gardes du corps;
les vigiles adaptés seront ici des capucines.

Je vais mettre des graines lors de mon prochain tour.
Si les fruits se font désirer, on aura au moins des fleurs à contempler!

samedi 26 avril 2008

Le mardi 8 avril

Fleurs de pêcher "Grosse Mignonne", 8 avril.

Escalier emprunté
une cinquantaine de fois en tous sens.


Voilà, le mois va se terminer et je n'ai pas encore trouvé le temps de relater ma journée du mardi 8 avril.(Ni les autres, ça arrive d'être débordée, de ne pouvoir rien faire d'autre "que" le quotidien: travailler, se préparer à recevoir une jeune correspondante russe et du coup devoir rattraper un loooong moment de non-ménage, pire que du désherbage à mon humble avis.)
Ce jour précis tout le long de la route, question météo, c'était gris, voire plus.
Et presque arrivée, le soleil s'est dévoilé, un vrai bonheur:
du coup, de peur que cela ne change brusquement j'ai jardiné, jardiné jusqu'à la nuit.
(Le premier jour je ressemble un peu à un jeune chien qu'on laisse enfin courir à sa guise.)
J'ai vite parcouru tout l'espace et suis allée prendre des nouvelles de toutes les plantes.
Des surprises, plein de micro surprises, mais de celles qui procurent un plaisir incomparable...
La rhubarbe en pleine forme, les euphorbes jaunes acides d'abord et en me penchant vers la petite touffe de thym : ouah...des rejets d'une armoise que je croyais morte, que j'avais taillé assez court cet automne.

La découverte d'une rose de Noël, qui, je sais, c'est bizarre, s'est décidée à fleurir plus tard, oui, une seule fleur, alors cette première fois a été observée soigneusement.
Et l'abricotier tout pimpant avec ses petites feuilles toutes neuves, la "Grosse mignonne" se parant encore de quelques menues fleurs, peut-être trois ou quatre pêches cet été????
Constater aussi qu'un des deux pommiers plantés en 2006 repart.
L'autre niet.
Les deux poiriers aussi: chacun un tronc gros comme un doigt, pas plus, on est encore loin des crumbles aux poires, mais déployer quelques feuilles, c'est déjà un premier signe.

J'ai planté une partie de mes nouveaux venus et surtout nettoyé, biné et enlevé encore des racines d'épines noires.
Ce mardi soir, j'ai allumé les bougies, fait un peu de feu, mangé du bon pain et me suis endormie parfaitement.

dimanche 20 avril 2008

Futur crumble et jaune acide

Euphorbes en fleurs acides

De retour, vite quelques images de jours enchantés:
découvrir que, oui, la rhubarbe est au rendez-vous, aaaah, les crumbles... et époustouflée par la force des euphorbes qui se sont réveillées près du romarin et de la santoline.


Rhubarbe, avril 2008

dimanche 6 avril 2008

Préparer son paquetage

Soirée lampe tempête, pas de télé, pas d'ordi.

Le meilleur est devant moi:
il s'agit de réunir les provisions , les zabits (les pulls troués, les pantalons les plus moches mais les préférés), et mes trouvailles végétales pour le départ imminent:
Direction le zardin...
Il était temps, mon seuil de résistance urbaine étant actuellement plus qu' atteint.

Alors là, je sais que ça va être assez court mais je savoure tout: penser aux bougies, aux ciabbatina, au café, au premier repas, hum...


J'ai hâte de voir comment la rhubarbe aura repris ou non , de courir vers les pivoines pour guetter si cette année il y aura les premiers boutons floraux ou non et d'observer la croissance des différents rosiers.
La sauge aura-t-elle grandi?
Les boutures d'armoises seront-elles encore au rendez-vous?
Mon carré préparé pour accueillir le coin blanc devra-t-il être renettoyé?

Alors que la rénovation de la maison nécessite encore beaucoup de mois de travaux, tout ça au fil des congés, le jardin pourrait ne pas être ma priorité.
Je trouve que depuis mes premières plantations le terrain se civilise et je réalise que c'est comme si j'avais, en fait, plusieurs petits jardins à choisir d'aménager.
Cela me semble parfois énorme comme masse de travail et d'autres fois tout à fait réalisable, les choses se dessinant déjà ainsi:
-sur la première terrasse, pas grand-chose car il va y avoir des gros travaux pour aménager une pièce annexe à la "cabane" existante, le terrain va donc être tout chamboulé, creusé et en chantier pendant les deux prochaines années.
(Cela n'empêche pas de faire des rêves de pergolas futures, de potager à portée de cuisine et pour le reste d'imaginer les fleurs préférées frôler les fenêtres.
Et néanmoins d'avoir planté quelques irréductibles aromatiques, un rosier blanche cascade et un autre au nom un peu pompeux (Baron Girod de l'Ain) qui s'installe tout doucement.
Hum, il faudra le protéger pendant les travaux, j'ai lu que c'était un fragile.

-sur la deuxième terrasse, ça y est, il y a déjà tout ce qu'il faut:
le canal de pivoines, deux rosiers, la rhubarbe et un bébé Albizia et prochainement le rosier de Banks Lutéa (le jaune beurre frais dont j'ai parlé lors de ma semaine faste).

-sur la troisième terrasse, le carré blanc qui sera peaufiné au fil des saisons et une glycine que j'aimerais élever sur tige, en arbre.
Sur cette "faysse",un peu plus loin, il y a pas mal de chênes, cela forme une sorte de petit bois qui ne demande pas trop d'entretien, juste aménager un ou deux bancs pour s'y abriter en été.
-sur la suivante, continuer à mettre quelques vivaces au pied d'un escalier de pierre où cohabitent déjà un hortensia Annabelle et quelques digitales.
Aller jusqu'au plus beau trésor de ce terrain:
Le châtaignier, pas centenaire mais il dégage déjà tant de majesté que je me contenterai à son alentour d'envisager un banc.
(A ce propos, le banc de mes rêves serait inspiré de celui vu au Prieuré d'Orsan, il ferait le tour du tronc.)
Je me souviens avoir campé le premier été ici.
La légère pente du terrain nous faisait rouler inévitablement dans notre sommeil.
Avec le duvet glissant : l'impression d'être sur un toboggan.

En avril 2007,

Nettoyage des poutres, 2007

on ne pouvait pas encore dormir dans la "maison" ni camper dehors: alors on se réfugiait dans un hôtel ouvert hors saison, au premier village voisin.
Le charme désuet des couvertures laineuses, des polochons intégrés dans les draps de dessous et des papiers peints hypnotisants, c'est fini.


Hôtel du Centre, 2007

En avril 2008, on dort sur place:
Un plancher neuf a été cloué sur les vieilles poutres.
Une seule pièce à vivre.

Une gazinière, un poêle à bois , une table, deux bancs , des matelas bien à plat, et comble du luxe cette année: l'eau courante.
L'an prochain, si tout va bien, tout ne sera plus réuni dans une seule pièce.

Le rez de chaussée servira vraisemblablement de cuisine, salle à manger, petit coin bibliothèque...- euh, là je m'avance un peu-.

Bizarrement je suis bien moins impatiente d'avoir plus de confort, un espace à vivre plus fonctionnel qu'un "beau" jardin.
Là-bas ce que j'aime, c'est être dehors.
Mais avant de se mettre vraiment au jardin faut encore faire des sacrés travaux.
Un certain éboulement et une ancienne citerne sont deux sujets actuels de préoccupation.

Il arrive à ces jolis murs de s'effondrer en mon absence. Derrière il y a une vieille citerne.
C'est pour ça la verdure entre les pierres.
Bon, c'est en fait aussi sur le chemin de l'entrée de la maison, trop chic non?
Alors c'est vrai, les remarques me rappelant "qu'il y a plus urgent que le jardin" sont parfois un peu... justifiées.

mercredi 26 mars 2008

Combat d' ennemis mous avec jardinier tonique

Réconciliée avec la météo glaciale
grâce à la lecture d'une chronique
tonique
qui assure -je cite-

"neige de mars vaut jus de fumier".

Parfait, finalement.
Juste après ce week-end les flocons-jus de fumier, j'en aurai été encore plus contente.
Ne me suis pas morfondue ces trois jours en appartement, (enfin un peu quand même), le zardin aurait été préférable, j'ai lu.
Tout sur l'OM.
Meuh non.
Mon voisin retraité commente chaque match, aux aurores, avec la voisine de l'immeuble en face de la rue. En robe de chambre, c'est plus chouette. Ses réflexions matinales, assez fortes me permettent de me tenir au courant de tous les scores, sans l'avoir demandé.
Le reste du temps il nettoie sa berline.
Il pourrait pas s'occuper de ses plantes rachitiques sur son balcon?
En mode silence?
On a des ennemis de voisinage, de jardinage.
Je vais m'occuper d'abord des ennemis mous et silencieux.
Les vitupérants, après.
Chaque chose en son temps.

Comment combattre les ennemis des petites plantules, des semis délicats,
des pousses tendres??
Des mous, bouh, (on ne se méfie jamais assez de ce genre), y en a des noirs, gris, orangés jusqu'à léopard. Trop fou.
Les cagoles, ça existe partout.
Pour tenter d'y échapper.
On peut lire :


ou rassembler ses forces et cliquer sur la chronique ici .

Si jamais il est trop tard pour sauver ma rhubarbe qui avait repointé son p'tit museau dès février-dangereusement tendre, une proie facile au ras de terre pour cagoles meurtrières- je vais pleurer toutes les larmes de mon corps.
J'avais oublié les ennemis visqueux.
Les pires.
Comme le consensus mou.